*

Les images de ce blog ne sont pas libres de droit.
Leur utilisation peut se faire selon certaines conditions que vous trouverez en cliquant sur le logo ci-dessous :

Creative Commons License

 

Mercredi 7 novembre 2007
"Le sérieux est un continent mystérieux du corps, utilisé pour cacher les défauts de l'esprit" in Tristram Shandy, de Laurence Sterne.
 
Mais ce n'est pas de Tristram Shandy dont je vais vous parler, mais de l'abrégé d'histoire de la littérature portative. Attachez vos ceintures, tout va vite dans ce petit livre, les noms surgissent, surprennent, filent, sont remplacés par d'autres, reviennent. Quatrième de couverture : Enrique Vila-Matas est un voleur de noms. 
La littérature portative ? Elle n'existe pas. Pourtant il y a les membres d'une société secrète, la "conspiration Shandy", fondée en 1924... Port-Hâtif... en Afrique... Les noms sortent du chapeau : Duchamp, Larbaud, Benjamin, Tzara, Gombrowicz, Picabia... tous les citer, le livre y passerait.
Donc "une littérature qui n'existait pas, puisque personne chez les shandys ne savait en quoi elle consistait, bien que cela fût paradoxalement la condition même de l'existence de cette sorte de littérature". Les shandys ? ce sont de joyeux travailleurs volubiles et solitaires (comprendre célibataires).
Les pages se décryptent. Vraiment ? Miniaturisation : sur dix pages du livre, l'envers d'une carte postale, pour le lecteur il est précisé que l'écriture y était minuscule, microscopique même. Ecriture minuscule, je m'étonnais de la part de Vila-Matas de ne pas encore avoir vu le nom de Robert Walser apparaître (lire Docteur Pasavento, vous comprendrez). Bingo ! page 102, il est là, et une dizaine de pages plus loin on signale la présence de Walser en personne dans la peau d'un capitaine de vaisseau haut en couleur - fallait-il qu'il soit devenu fou ? non, la folie c'était avant. Tiens donc. Toutes ces phrases qui s'entrechoquent donne un ensemble formidablement vivant, épicé, délirant, toc-toc qui sont-ils ?
Il faut savoir que le risque existe pour ces shandys car d'obscurs habitants squattent le labyrinthe intérieur des portatifs. Odradek y es-tu ?
"L'avis de Maurice Blanchot, qui consacre dans Faux Pas une brève étude au phénomène portatif..." Alors j'ai sorti mon Faux Pas, feuilleté et rien trouvé...  sinon que, sourire j'avais oublié, il est proprement annoté d'idéogrammes dans ses marges, je me souviens qu'en découvrant ces inscriptions fines et délicates je n'avais pas hésité un instant pour acheter cet exemplaire.
Et puis ceci : "l'endroit idéal pour les premières réunions secrètes : la librairie Shakespeare and Company que régentait Sylvia Beach au n°12 de la rue de l'Odéon.
Antheil habitait dans l'appartement de deux pièces qui se trouvait au-dessus de la librairie et avait coutume d'entrer chez lui par la fenêtre en escaladant shandyment la façade de l'établissement."
En lisant ceci, j'avais l'impression d'un déjà lu. Mais où ? Où parlait-on en ces termes de la librairie Shakespeare & Co ? Ah oui, voir dans Cercle : "J'ai pris une chambre à l'hôtel Cascade au-dessus de la libraire Shakespeare & Co" - Rien de plus, pourquoi donc ai-je vu un homme escalader le mur de l'hôtel pour entrer dans sa chambre dans le livre de Haenel ?
Je vous rassure je n'ai aucun odradek en moi, tout au plus un Yokai qui me tient compagnie.
Mais arrêtons-nous dans cette caverne d'Ali Baba qu'est la librairie Shakespeare & Co, y a-t-il un hôtel au-dessus ? Pour quoi faire, il y a des lits dans la librairie (1er étage). J'ai d'ailleurs connu quelqu'un qui s'y endormait dans sa jeunesse vadrouillante. Si vous ne connaissez pas ce lieu à Paris (quai face à Notre-Dame), je vous conseille d'y aller. Des livres partout, encore plus que partout, un puits avec des pièces à voeux, un escalier très très étroit et raide et incroyable, des lits comme à disposition, des murs pleins de photos d'écrivains, des dédicaces, des petits mots de gens de passage.
Mais je me disperse là... je disais donc c'est plutôt jubilatoire, cocktail d'ironie et d'écriture habile, ambiance surréaliste, éveil de curiosité, Google ne révèle rien ou pas grand chose, le secret fut bien gardé.
Lisez donc le livre de Vila-Matas, Abrégé d'histoire de littérature portative (Titres - chez Christian Bourgois)
En plus c'est parfaitement portatif.

Suite à un commentaire judicieux de Maître Po, il me faut préciser que la librairie Shakespeare & Co est actuellement située Rue de la Bucherie dans le 5ème arrondissement (du coup je joins une photo prise cet été, on aperçoit la librairie sur la droite)
(et j'ajoute un lien sur le site d'Arnaud Frich qui présente une photo panoramique impressionnante de l'intérieur de la librairie)

par vy publié dans : lectures
ajouter un commentaire commentaires (4)   
Vendredi 2 novembre 2007

O

oRevoSpoiler.jpg    
   

Un complément à glisser dans votre exemplaire-livre.



.... Spoiler...       verso



"quelques clés de ce roman à serrures grippées"


recto          ...mots proscrits...



"this is a very precious piece of map that requires a delicate handling."

'ce pas ?


           
pour ceux qui s'y reconnaîtront, c'est dans la revue inculte n°14.








oRevoSpoiler-2.jpg
par vy publié dans : lectures
ajouter un commentaire commentaires (2)   
Lundi 29 octobre 2007
Un mot sur L'ascenseur, ce petit livre de plusieurs textes d'Alain Fleischer qui est une mise en patience pour les lecteurs d'Immersion, "un livre entre deux" en attendant le suivant, un maillon perdu dans le temps. Les parois de l'ascenseur comme celles d'une parenthèse ne s'ouvrent plus, gardent à jamais confiné ce qu'elles enferment, comme un tableau figé.
(J'ouvre moi-même une parenthèse, je trouve ce livre guère agréable dans sa mise en page, grosse écriture, large interligne (obligation de faire 100 pages ? pourquoi ?). Fermons la parenthèse.
Dans La stratégie de l'archipel, texte qui précède celui de L'ascenseur, l'auteur fait une différence intéressante entre les livres qui résistent au lecteur et le mettent en état de perdition, face à ceux, trop nombreux, qui se donnent et font du lecteur un vainqueur sans péril et sans gloire.
 
Je viens de terminer Le retour du voyage en orient - Tribulations d'un occidental désorienté et d'un japonais westernisé.
Il s'agit d'un court essai dans lequel un français, Bruno Etienne, anthropologue des religions et un japonais Suzuki Masaaki, professeur à l'Institut d'études Politiques d'Aix en Provence, dialoguent sur la difficulté d'une relation entre deux êtres humains n'appartenant pas à la même culture.
Sont abordés les sujets concernant la parole, le langage, l'ordre et le désordre, le contrôle de soi, l'esprit d'opposition.
Une ébauche pour appréhender l'"autre" dans sa différence, et percevoir l'écho de sa propre différence en l'autre.
 
L'autre en toutes ses formes tient aussi une place essentielle dans le livre de Miguel Benasayag et Angélique del Rey, Eloge du conflit, puisqu'y est décrit comment la société formate les individus, les rend conformes à l'unité disciplinaire de la norme, en entretenant la peur de l'autre (et de soi pour peu que l'image ne corresponde plus à ce qu'elle devrait être), en déniant les multiplicités de l'être. "Le conflit correspond au processus d'autodéploiement de l'être lui-même, il n'est jamais pure destruction, mais toujours, aussi, construction de dimensions d'être."
 
Central Europe, de Vollmann, est toujours en cours de lecture. J'irais plus vite s'il n'était pas si lourd.
En lecture aussi Abrégé d'histoire de la littérature portative, d'Enrique Vila-Matas.
Et tout frais entrés dans mes réserves La hache et le violon, d'Alain Fleischer, Andreï Tarkovski - L'art et la pensée, de Luca Governatori, Le nom des singes, d'Antoine Volodine, L'homme qui apprenait lentement, de Thomas Pynchon.
Ainsi que deux dvd, j'ai finalement craqué pour Le miroir, de Tarkovski, également acheté Gerry, de Gus van Sant.
 
   
Côté exposition, j'ai vu et retournerai voir celle de l'atelier d'Alberto Giacometti. Belle collection qui montre le parcours de l'artiste à travers quelques peintures mêlées à de nombreuses sculptures. Des corps morcelés comme ouverts, révélés. J'affectionne en particulier, cette sculpture bronze de quatre figures féminines longues et décharnées. Lorsque je fus face à elles, j'ai reçu comme un coup de foudre, elles sont vivantes, murmurantes et hurlantes à la fois. Elles ont à dire. Je serais bien repartie avec.

C'est au Centre Pompidou, jusqu'au 11 février 2008
Une émission Peinture fraîche à écouter pendant quelques semaines











par vy publié dans : lectures
ajouter un commentaire commentaires (1)   
Mercredi 10 octobre 2007

Voici la liste de mes lectures en 2007 (mise à jour 11 12 07)

Décembre

- Bartleby et compagnie - Enrique Vila-Matas

Novembre

- Le livre des éloges - Alberto Manguel
- L'amitié - G. Agamben
- Le nom des singes - Antoine Volodine
-
Chair Electrique - Claro

- Colère et temps  : essai politico-psychologique - Peter Sloterdijk
- Un vrai roman : Mémoires - Philippe Sollers (Plon)
- Abrégé d'histoire de la littérature portative - Enrique Vila-Matas (C. Bourgois) (article)
- Mauvaise langue - Cécile Ladjali (seuil) Une passion pour les mots, une vocation de transmettre le langage, car les élèves méritent l'excellence.


Octobre

-
Tribulations d'un occidental désorienté et d'un japonais westernisé - Bruno Etienne et Suzuki Masaaki (Entre Lacs) (deux mots ici)
- mort et vie d'armendo lip - Antonio Werli (miniatures - association minuscule)
- vers la grâce - Claro (miniatures - association minuscule)
- L'ascenseur - Alain Fleischer (le cherche midi) (deux mots ici)
- Nuit blanche en Balkhyrie - Antoine Volodine (Gallimard)
- Volodine post-exotique - Lionel Ruffel (Cecile Defaut)

- Eloge de la vache folle - Christophe Claro (Fleuve noir)
- Eloge du conflit - Miguel Benasayag et Angélique del Rey (La découverte)
(deux mots ici)

Septembre

- Dondog - Antoine Volodine (article)
- O Révolutions - Mark Z. Danielewski - L'auteur a voulu "créer une sorte de langage antimatérialiste, de manière essentiellement linguale." Une road-story de deux adolescents américains, avec une contrainte pour l'auteur, celle du cercle. (lire l'article)
- Le nouvel amour - Philippe Forest - "Car, en amour, au fond, ce que l'on dit est toujours n'importe quoi et ne signifie jamais rien." (article)
- Songes de Mevlido - Antoine Volodine - Du très bon Volodine, pour ceux qui aime son univers post-exotique. Je me suis régalée (article)


Août

- Le faste des morts - Kenzaburô Ôé -
Ces nouvelles mettent en scènes des "jeunes gens confrontés à une situation extrême exprimée en termes métaphoriques ou réalistes, sexuels, psychologiques ou politiques." (article)
- Le voyage d'Eladio
- Hubert Mingarelli - (article)
- Siddhartha - Herman Hesse - Très bon livre, toujours le même bonheur à lire Herman Hesse. (article)
- Les paupières - Yoko Ogawa -
Etrangeté, tendresse, effroi même, écrites d'une plume légère et habile ces nouvelles nous offrent un bon moment de lecture. (article)
- A la vitesse d'un baiser sur la peau - Gaston-Paul Effa. L'histoire tourne autour de Valère, jeune étudiant africain. "L'auteur jette un regard acide sur notre société déchirée entre l'apologie du métissage et l'impossibilité d'un véritable dialogue entre les cultures." Valère en fait les frais, mais également Hilda, tiraillée entre sa mère alsacienne conservatrice et son amant instable. L'histoire se dit par les voix même des protagonistes : Valère, Hilda, le docteur Etienne (psy), Victor (cousin de Valère), Mme Bloch (mère d'Hilda) qui prennent tour à tour la parole. Plutôt bien vu.

Juillet

- L'éternité de l'instant - Zoé Valdés (article)
- Hommes sans mère
- Hubert Mingarelli - Deux marins, Homer et Olmann, descendus à terre prennent la route et partent à la recherche d'un bordel isolé dans les collines. (article)
- La dernière neige - Hubert Mingarelli - Un père malade et un fils qui économise la moitié de ce qu'il gagne pour s'acheter un milan en cage. Une belle relation père-fils, mais aussi un passage à l'acte qui troublera à jamais la conscience.
(article)
- Quatre soldats - Hubert Mingarelli - Dialogues de quatre soldats de l'Armée rouge - Il y a la beauté des scènes muettes, il y a ce gamin, enrôlé volontaire, dont la présence irradie les quatre hommes... (article)
- Une rivière verte et silencieuse - Hubert Mingarelli - Un gamin vit pauvrement avec son père dans une petite maison dont on coupe l'électricité pour faute de paiement de facture. L'enfant rêve dans le tunnel qu'il s'est creusé dans les hautes herbes. Dialogues avec le père. (article)
- La beauté des loutres - Hubert Mingarelli - Sur la route, Horacio et Vito transportent des moutons, le voyage va les unir, les changer. (article)
- La théorie des cordes - José Carlos Somoza - Une fiction à suspens, tendance gore, émaillé d'explications scientifiques. Palpitant et plutôt intéressant (lire l'article)

Juin

- Marcher sur la rivière - Hubert Mingarelli - "Je marchais comme un demeuré, quelqu'un qui aurait eu un problème dans la tête. Mais je n'avais pas un problème dans la tête. J'avais seulement que ma jambe refusait de plier. Voilà tout ce qu'il y avait, ma parole." Ainsi parle Absalon, qu'on accompagne volontiers dans ce qu'il voit et pense. (lire l'article)
- Germaine Tillion, une ethnologue dans le siècle - Christian Bromberger, Tzvetan Todorov - Dans ce début de XXIème siècle, déjà si plein de bruit et de fureur, la figure de Germaine Tillion peut nous servir de repère... (lire l'article sur Germaine Tillion)

Mai

- Le dépeupleur - Samuel Beckett - ... un cylindre peuplé d'être captifs... (lire l'article)
- Docteur Pasavento - Enrique Vila-Matas -
"Disparaître, tel était le grand défi. Je ne devais pas oublier que j'avais toujours pensé qu'il faut essayer de devenir infiniment petit, sûrement la perfection même." (lire l'article)
- Tous les enfants sauf un - Philippe Forest - Que peuvent signifier dans notre monde aujourd'hui la maladie et la mort d'un enfant. Et au-delà quelle place la société réserve-t-elle à la maladie et la mort. (lire l'article)
- Le Présent d'incertitude - Henri Bauchau -
Le journal (2002 à 2005) qu'Henri Bauchau a écrit pendant la rédaction de L'enfant bleu. Bonheur de retrouver l'auteur dans sa vie de tous les jours, l'intimité de l'écriture, les confidences... (lire l'article)
- Le Dieu des Petits Riens - Arhundati Roy - Beaucoup aimé. Roman
très bien écrit, poétique, vivant, fouillant avec persévérance et acuité le passé pour expliquer le drame. L'expérience tragique de la vie autour de deux jumeaux et de leur famille, suivant une chronologie chaotique, comme la vie. (lire l'article)


Avril

- La nuit de l'oracle - Paul Auster - En lisant La nuit de l'oracle, je me disais que le style Auster est quand même assez grandiose... (lire la suite)
- Tokyo - Mo Hayder -
J'ai pris un plaisir angoissant à me plonger dans l'atmosphère effrayante qui plane sur le livre, j'ai été captivée par l'histoire, les histoires, celle de Grey, personnage attachant, très perturbée par un passé dont elle travaille à se libérer, et celle de la ville chinoise de Nankin. (lire l'article)
- Le chat qui venait du ciel - Hiraide Takashi - "Voici un roman touché par la grâce, celle d'un chat "si petit et si frêle qu'on remarquait tout de suite ses oreilles pointues et mobiles à l'extrême." [...] Tout le charme infini de ce livre tient dans la relation que le couple va tisser avec ce chat qui se fond dans la végétation exubérante pour surgir inopinément..." lit-on en quatrième de couverture. Petit chat espiègle, mais libre avant tout, et respecté par ce couple qui va s'y attacher, le rechercher... Un roman au ton parfois étrange de ce pays lointain qu'est le Japon.
- La maison du retour - Jean-Paul Kauffmann - Un livre que j'ai aimé, porteur d'échos, de résonnances positives, d'apaisement et de sagesse. (lire ma note à ce sujet, avec quelques citations)


Mars

- La mère du 1084 - Mahasweta Devi - Une écriture dynamique, un livre qu'on ne quitte pas avant de l'avoir terminé... suite ici
- Carnet de nuit - Philippe Sollers. Un tout petit livre d'où les notes s'envolent comme des bulles... suite ici
- L'alphabet du feu - Petites études sur la langue - Silvia Baron Supervielle (Arcades Gallimard) - Un essai au rythme doux, paisible, poétique, et sans aucun doute écrit avec amour (j'en dis un peu plus dans l'article)
- Place des pensées : Sur Maurice Blanchot - Richard Millet (Gallimard). Je voulais le lire parce que je n'oublie mon enthousiasme il y a quelques années à découvrir Blanchot, à vouloir le lire encore et encore. Voilà, j'ai lu ce petit essai sur le retrait de l'écrivain dont Millet classe les papiers deux ans après sa mort... Que veille-t-on dans ce livre, en fait ? Est-il question de Blanchot ou de Millet ?
- L'odeur - Radhika Jha (Picquier Poche) - J'ai choisi ce livre pour découvrir la littérature indienne, et je suis plutôt déçue. On le compare au Parfum, de Süskind,
sur la quatrième de couverture, il en est très loin. Les descriptions olfactives sont plutôt limitées, tout comme l'est la personnalité de la jeune Lîla, jeune fille très naïve qui ne semble devoir exister que par l'attrait qu'elle représente pour les hommes et qu'on a envie de secouer pour la faire réagir. Tout reste très superficiel. (je n'en resterai toutefois pas là en ce qui concerne la littérature indienne).
- En famille - Marie Ndiaye (éditions de minuit). Un conte cruel, ou comment une jeune fille devient invisible à sa famille ? Pourquoi ? Et surtout pourquoi Fanny s'entête-t-elle tellement à vouloir faire partie de cette horrible famille, allant jusqu'à se faire dévorer sans broncher ? Nous avons beau trouver ce livre, les personnages, les évènements très étranges et parfois si irréels comme il sied tant à l'écriture de Marie Ndiaye, cette famille n'est-elle pas finalement très commune ?
(extrait) : "Baissant les yeux, je distinguai sur la marche du perron une longue forme inconnue [...] Qu'est-ce encore... murmurai-je en tâtant du bout de ma savate avec prudence. Je reconnus soudain les traits de Fanny, encore que d'une façon si vague, si incertaine, que je je ne pus me résoudre à l'appeler ainsi."

- Dancing - Alain Veinstein (Seuil). Une sorte de voyage initiatique vers l'amour (voir l'article)

Février


- Papa doit manger - Marie Ndiaye. Une petite pièce de théâtre qui en dit beaucoup : un homme revient pour vivre avec sa femme, ses filles, qu'il a jadis abandonnées. Il ment encore, il ne fait que mentir, toujours. Le temps passera, l'homme toujours reviendra, toujours mentant, dénué amour. "Il n'est jamais ce qu'on a pensé qu'il était, ce qui fait, voyez-vous, qu'il n'est jamais véritablement là." - (jouée au répertoire de la Comédie Française)
- Les jouets vivants - Jean-Yves Cendrey (ed. de l'Olivier). De la lettre au père à "l'affaire" de pédophilie qu'il dénoncera, ce livre est un roman autobiographique. "C'est d'ailleurs lui, cet enfant battu qu'il a été, qui lui a inspiré d'aimer vivre comme on aime plaisanter, et sans doute de se battre comme un perdu pour ceux qui ont pris sa place dans la ronde scabreuse." Cette phrase dit assez bien ce que sera le fil du livre.
- Puzzle - Marie Ndiaye, Jean-Yves Cendrey. "théâtre d'ombres et de voix étranges." Une pièce de l'une, une pièce de l'autre, une pièce de l'une et l'autre. J'aime l'écriture envoûtante de la première, ici encore. L'écriture crue et violente du second ne m'emballe pas. Je n'avais jamais lu J.-Y Cendrey. Que pensent ses lecteurs, ceux qui n'ont jamais lu M. Ndiaye ? Peut-on être lecteur des deux ? (posté le 18 02 07) Toutefois, après avoir entendu parler le couple Ndiaye/Cendrey à la radio, je pense tenter la lecture d'un livre de Jean-Yves Cendrey.
- Diane Arbus, une biographie - Patricia Bosworth -
Une biographie dont on a du mal à se défaire, tant le personnage de Diane Arbus est fascinant. Il m'en restera sûrement quelque chose de ce portrait de femme "psychologiquement fragile mais artistiquement solide", ouverte, qui partait à la découverte de la différence, de l'interdit. «C'était comme si elle voulait explorer, avec son corps et son esprit, tous les cauchemars, tous les fantasmes enfouis dans son inconscient.» Née en 1923, Diane Arbus se suicidera en juillet 1971.
- Mon coeur à l'étroit - Marie Ndiaye - Marie Ndiaye a un style très particulier, bien à elle, elle a ses lecteurs, j'en suis - Le livre ne se lache pas jusqu'à la dernière page, on veut savoir, on veut sortir du cauchemar, l'écriture de Marie Ndiaye ne nous laisse pas de répit, elle s'enroule autour de son lecteur et l'entraîne telle une sirène dans les profondeurs de ces mondes si proches, si intérieurs, et pourtant si invisibles : nous-mêmes. (lire ma critique du livre)
-
Dans le Scriptorium - Paul Auster - Avec l'ami Auster, je navigue dans un univers familier, ce livre n'est guère épais mais il pèse un bon poids, et lorsqu'on le referme, on se surprend à reprendre sa respiration avec bonheur. L'enfermement y est oppressant, mais c'est aussi jubilatoire. Et puis, on y retrouve Anna... Toutefois, le reproche que je lui fais, c'est d'être trop court (pour en savoir plus sur le livre et sur Paul Auster, rendez-vous sur l'Austerblog)

- Le magasin des suicides - Jean Teulé - Certes pas un grand livre, mais une bonne récréation. C'est plein d'humour et d'amour aussi.


Janvier

- J'avais un ami - Rezvani. Un de ces petits livres qui font du bien, pour la sincérité, la tendresse, la chaleur qui s'échappent de ses pages.
- Retour dans la neige - Robert Walser. M'a bien plu aussi, même si le thème du livre, les promenades descriptives, n'est pas de mes préférés, l'écriture de Walser a sans contexte un certain talent, un certain charme.
- L'institut Benjamenta - Robert Walser, j'ai décidé de lire l'oeuvre de R. Walser. Ce premier livre m'encourage à poursuivre. Je regrette de n'avoir pas vu le film des frères Quay, inspiré du livre.
- Un temps de saison - Marie Ndiaye. Je ne résiste pas à l'écriture troublante de Marie Ndiaye qui me met en état d'apesanteur. Un bon moment.


par vy publié dans : lectures
commentaires (3)   
Dimanche 7 octobre 2007
Pas trop eu le temps de lire cette semaine toute occupée à la recherche de l'imprimante photo "idéale" et à la découverte enthousiaste du logiciel Lightroom, et je vois que les livres commencés s'accumulent irraisonnablement et que ceux "à lire" s'entassent en piles dangereusement instables.  Ô blog, aide-moi à mettre un peu d'ordre dans tout ceci, les écrits valant mieux que pensées par trop volages et vouées à l'oubli. Dit-on.
D'un commun accord entre le livre et moi, j'ai un peu mis de côté le gros Central Europe dont la lecture reprendra dès que j'aurais refermé un ou deux de ces autres livres qui devraient se lire plus vite, et avant tout L'éloge du conflit (M. Benasayag et A. del Rey) passionnant ouvrage sur le formatage de l'individu et les conflits refoulés, en alternance avec  Volodine post-exotique, Lionel Ruffel) qui appellerait bien à sa suite les livres de Volodine que je n'ai pas encore lus et qui attendent, trop sagement, sur mes étagères (Le post-exotisme en dix leçons, leçon onze, Nuit blanche en Balkhyrie, et Lisbonne dernière marge). Ajoutons à ceci, en invité surprise,  La montre cassée, de Tiphaine Samoyault, tout récemment acheté. D'autres encore... Se limiter pour l'instant à ces livres est tout à fait RAISONNABLE, 'ce pas ? Finir aussi Cercle, de Y. Haenel. On peut même y ajouter un petit livre trouvé chez un ami - surprise en l'aidant à ranger sa bibliothèque -, Eloge de la vache folle, de Claro - tiens ? curiosité évidemment, je prends.
Stop ! Je m'interdis de librairie pendant... disons... oui, voilà juste un peu d'ordre(s) noté(s) ici.

par vy publié dans : lectures
ajouter un commentaire commentaires (3)   
Lundi 24 septembre 2007

Dans la nuit sale et méfiante, Dondog, celui qui va mourir ? qui est en train de mourir ? qui est peut-être déjà mort ? porte en lui quatre noms. Il recherche ceux à qui ils appartiennent pour les tuer peut-être. Dondog cherche surtout à se souvenir. Et c'est dans ce lent et suffocant voyage dans sa mémoire éteinte que nous le suivons.

Qui est Dondog ? Ses souvenirs de l'enfance sont encore plus ou moins clairs, il est un Ybür qui a échappé à la seconde extermination, une blatte, un Untermensch qui a passé sa vie dans les camps. Dondog en sort pour se venger ou pour se souvenir. Avant de mourir, ranimer ce qui a été.

Que sont l'amour et la mort devenus ?  Dans ce monde ou toute frontière entre vie et mort devient indistincte, l'amour aussi prend une forme aberrante. On va dans l'épaisseur noire et pesante de l'enfer du monde détruit. Le monde mais aussi le temps, ce qu'il en reste, le temps à bout de souffle. J'ai rarement lu quelque chose de si déliquescent, on ne résiste pas à l'écriture de Volodine, pour sortir de cet enfer il faut aller jusqu'au bout, y abandonner nos réticences, accepter de traverser le monde devenu, accompagner Dondog dans sa quête.

Comme souvent dans les livres de Volodine l'espace et le temps se délitent, mais aussi le verbe qui perd l'essence de la conjugaison comme dans le monologue de Dondog. Le texte est "ânonné dans la langue estropiée et pauvre du souvenir."
"J'ai dire : "pas touche à Yoïsha ! Pas mon petit frère !" Tonny Bronx m'a cogner sur la poitrine, Schielko Bronx m'a tordre les doigts. Eliane Hotchkiss a regarder par la fenêtre. Eliane Hotchkiss a dire : "Dehors on voit les Ybürs couchés dans le sang, dehors ils crèvent les Ybürs, dehors dans la rue tout le monde crève les Ybürs !""

Dondog est le narrateur, il est je, il est il, tous les artifices sont utilisables pour que les souvenirs cèdent à l'oubli, litanie, chamanisme, l'être se contorsionne pour se faufiler à travers les résistances.

Roman où la recomposition affronte la décomposition, décomposition des corps (celle de la maîtresse, long texte presque interminable dans lequel Dondog n'en finit pas de faire disparaître celle qui lui infligea une torture inoubliable) et recomposition de l'âme, celle que nous traversons ici pour tenter de réhabiliter ce qui a été saccagé, livré au néant. Se souvenir pour se venger, venger les siens par le souvenir d'eux, de soi.

Les étonnantes dernières pages du livre nous plongent dans une matière incertaine, molle, vague, dominée par le sommeil. C'est comme dans un rêve... un cauchemar, enfin un état d'apesanteur à l'horreur omniprésente mais qui n'effraie plus vraiment.

Nous sortons du livre. Sort-on indemne de cette lecture ? Le voudrait-on ? A notre tour de mettre de l'ordre dans les souvenirs de Dondog, d'en constater les manques, ce qu'il n'a pas dit ou ce qu'on n'a pas entendu...

Magie de l'écriture de Volodine.


Dondog - Antoine Volodine (Points)
par vy publié dans : lectures
ajouter un commentaire commentaires (1)   
Jeudi 20 septembre 2007
Voici à peu d'oublis près ce que j'ai lus (je n'ai pas mis les BD) depuis 2005 - Lorsque j'ai écrit un article sur le livre, un lien renvoie à l'article - Entre parenthèses, c'est l'année de lecture.

Arendt Hannah - Eichmann à Jérusalem ** (2006)
Atlan Corinne - Entre deux mondes (essai) ** (2005)
Audeguy Stéphane - Fils unique **** (2006) (article)
Audeguy Stéphane - La théorie des nuages *** (2005)
Auster Paul - Dans le scriptorium *** (fev. 07)
Auster Paul - La nuit de l'oracle *** (avr. 07) (article)
Baron Supervielle - L'alphabet du feu ***(mars 07) (article)
Bauchau Henri - Le Présent d'incertitude *** (mai 07) (article)
Baudrillard Jean - Cool memories * (2005)
Bayon - Les pays immobiles * (2006)
Beckett Samuel - Le dépeupleur *** (mai 07) (article)
Benasayag M. et del Rey A. - Eloge du conflit *** (oct. 2007)
(article)
Bergounioux Pierre - Miette *
(2006)
Bleichmar - Benasayag - Douleur pays : l'Argentine sur le divan ** (2006)
Bobin Christian - Prisonnier au berceau ** (2005)
Bosworth Patricia - Diane Arbus, une biographie *** (fev. 07)
Boulouque Clémence - Au pays des macarons *
(2006) (article)
Brecht Bertholt - Baal *** (2005)
Brisac G. Desarthe A. - Virginia Woolf *** (2005)
Calvino Italo - Si par une nuit d'hiver un voyageur ** (2006)
Cendrey Yves - Les jouets vivants ** (fev. 07)
Chen Ying - Le mangeur (abandon)
Claro Christophe - Eloge de la vache folle ** (oct. 2007)
Claro - Vers la grâce *** (oct.2007)

Condé Maryse - Victoire, les saveurs et les mots ***
(2006) (article)
Danielewski Mark Z. - La maison des feuilles **** (avant 2005)
Danielewski MarK Z. - O Révolutions **(*) (sep 07) (article)
Dantec M.G. - Cosmos Incorporated ** (2005)
Darrieussecq Marie - Le pays *** (2005)
Devi Mahasweta - La mère du 1084 **** (mars 07) (article)
Duchatelet Bernard - Romain Rolland tel qu'en lui-même ** (2005)
Dunmore Helen - La faim *** (2006)
Effa Gaston-Paul - A la vitesse d'un baiser sur la peau ** (août 2007)
Etienne B. Suzuki M. - Tribulations d'un occidental désorienté et d'un japonais ** (oct. 2007) (article)
Ferrier Michaël - Tokyo, petits portraits de l'aube *** (2005)
Fleischer Alain - L'ascenseur ** (oct 2007) (article)
Fleischer Alain - Immersion *** (2005)
Forest Ph. Sakai C. - Pour un autre roman japonais *** (2005)
Forest Philippe - La beauté du contresens **** (2005)
Forest Philippe - Le nouvel amour * (sep 2007) (article)
Forest Philippe - Tous les enfants sauf un *** (mai 2007) (article)
Garat Anne-Marie - Nous nous connaissons déjà * (2006)
Germain Sylvie - Chanson des mal-aimants ***
(2005)
Gide André - Les nourritures terrestres ** (2005)
Grozdanovitch David - Brefs aperçus sur l'éternel féminin *** (2006) (article)
Grozdanovitch David - Petit traité de désinvolture * (2005)
Grozdanovitch David - Rêveurs et nageurs *** (2005)
Guilbert Cécile - L'écrivain le plus libre **** (2005)
Guilloux Louis - La maison du peuple ** (2006)
Hayder Mo - Tokyo *** (avr. 07) (article)
Hesse Hermann - Knulp **** (2005)
Hesse Hermann - Le jeu des perles de verre ** (2005)
Hesse Hermann - Narcisse et Goldmund **** (2005)
Hesse Hermann - Siddhartha **** (août 2007) (article)
Huston Nancy - L'empreinte de l'ange ***
(2006) (article)
Huston Nancy - La virevolte *** (2006) (article)
Huston Nancy - Ligne de faille ** (2006) (article)
Huston Nancy - Professeur de désespoir ** (2005)
Izquierdo Agustina - L'amour pur ** (2006)
Jelinek Elfriede - Enfants des morts (abandon)
Jha Radhika - L'odeur
(zéro *) (mars 07)
Jorge Lidia - Le vent qui siffle dans les grues *** (2005)
Juliet Charles - Au pays du long nuage blanc *** (2005)
Kapuscinski Ryszard - Mes voyages avec Hérodote ** (2006) (article)
Kauffmann Jean-Paul - La maison du retour *** (avr. 07) (article)
Kelen Jacqueline - Divine blessure ** (2005)
Kelen Jacqueline - Marie-Madeleine, un amour infini ** (2005)
Kenaz Yehoshua - La grande femme des rêves *** (2006)
Kenaz Yehoshua - Paysage aux trois arbres *** (2006) (article)
Kristeva Julia - Meurtre à Byzance ** (2006) (article)
Ladjali Cécile - Mauvaise langue ** (oct. 2007)
Lamarche Caroline - J'ai cent ans *
(2006)
Lamarche Caroline - Le jour du chien *** (2005)
Lambrichs Louise L. - Le cas Handke *** (2005)
Lindgren Torgny - La lumière ** (2006) (article)
Littell Jonathan - Les Bienveillantes *** (2006)
Meddeb Abdelwahab - Face à l'Islam ** (2006)
Millet Richard - La voix d'alto ** (2005)
Millet Richard - Le sentiment de la langue ** (2005)
Millet Richard - Place des pensées (sur M. Blanchot) * (mars 07)
Mingarelli Hubert - La beauté des loutres ***
(juillet 07) (article)
Mingarelli Hubert - La dernière neige ***
(juillet 07) (article)
Mingarelli Hubert - Hommes sans mère *** (juillet 07) (article)
Mingarelli Hubert -
Marcher sur la rivière *** (juin 07) (article)
Mingarelli Hubert - Quatre soldats *** (juillet 07) (article)
Mingarelli Hubert - Une rivière verte et silencieuse *** (juillet 07)
(article)
Mingarelli Hubert - Le voyage d'Eladio *** (août 07) (article)
Mujawayo Esther - La fleur de Stéphanie : Rwanda **
(2006)
Murakami Haruki - Kafka sur le rivage *** (2006) (article)
Murakami Haruki - La fin des temps *** (2006)
Ndiaye Marie - Autoportrait en vert *** (2005)
Ndiaye Marie - En famille *** (mars 07)
Ndiaye Marie - La sorcière *** (2005)
Ndiaye Marie - Mon coeur à l'étroit *** (fev. 07) (article)
Ndiaye Marie - Papa doit manger ** (fev. 07)
Ndiaye Marie - Rosie Carpe ***
(2006)
Ndiaye Marie - Un temps de saison *** (janv 07)
Ndiaye Marie, Cendrey Yves - Puzzle * (fev. 07)
Nooteboom Cees - Perdu le paradis ***
(2006) (article)
Novarina Valère - L'espace furieux ** (2006)
Oberlé Gérard - Retour à Zornhof *** (2006) (article)
Ôé Kenzaburo - Le faste des morts *** (août 2007) (article)
Ôé Kenzaburo - Le jeu du siècle *** (2005)
Ôé Kenzaburo - Notes de Hiroshima ** (2005)
Ôé Kenzaburo - Une affaire personnelle *** (2005)
Ôé Kenzaburo - Une existence tranquille **** (2005)
Ogawa Yoko - Le musée du silence *** (2005)
Ogawa Yoko - Les paupières *** (août 2007) (article)
Oz Amos - Seule la mer ** (2005)
Pamuk Orhan - Le livre noir **** (2006) (article)
Pamuk Orhan - Neige ** (2006)
Pavese Cesare - Le métier de vivre ** (2005)
Peireire Laurent - Le journal de Kikuko **** (2006) (article)
Pontalis J.B. - Traversée des ombres *** (2005)
Pourriol Olivier - Le peintre au couteau *** (2005)
Quignard Pascal - Carus * (2005)
Quignard Pascal - Rhétorique Spéculative *** (2005)
Quignard Pascal - Sur le jadis *** (2005)
Quint Michel - L'espoir d'aimer en chemin *** (2006) (article)
Rezvani - J'avais un ami *** (janv. 07)
Rezvani - L'éclipse ***
(2006) (article)
Rezvani - Le magicien *** (2006) (article)
Rheims Nathalie - Le rêve de Balthus ** (2005)
Rolland Romain - Colas Breugnon **** (2006)
Rolland Romain - L'âme enchantée **** (2005)
Rolland Romain - Liluli ** (2006)
Roy Arhundati - Le Dieu des Petits Riens **** (mai 2007) (article)
Ruffel Lionel - Volodine post-exotique **** (oct. 2007)
Salvayre Lydie - La méthode Mila * (2005)
Saramago José - La caverne **** (2005)
Saramago José - La lucidité *** (2006)
Schlechter Lambert - Le murmure du monde ** (2006) (article)
Sepulveda Luis - Les roses d'Atacama * (2006)
Sollers Philippe - Carnet de nuit * (mars 07) (article)
Sollers Philippe - Drame * (2005)
Sollers Philippe - La divine comédie **** (2005)
Sollers Philippe - La théorie des exceptions ** (2005)
Sollers Philippe - Passion fixe ** (2005)
Sollers Philippe - Poker *** (2005)
Sollers Philippe - Une vie divine (abandon)
Somoza José Carlos - La Théorie des cordes *** (juillet 07) (article)
Tabucchi Antonio - Il se fait tard, de plus en plus tard *** (2005)
Tabucchi Antonio - Nocturne indien ** (2005)
Tabucchi Antonio - Requiem *** (2005)
Tabucchi Antonio - Rêves de rêves ** (2006)
Tabucchi Antonio - Tristano meurt *** (2006)
Takashi Hiraide - Le chat qui venait du ciel *** (avr. 07) (avis)
Teulé Jean - Le magasin des suicides ** (fev. 07)
Todorov Tzvetan, Bromberger Christian - Germaine Tillion, une ethnologue dans le siècle ** (juin 07)
Tolstoï Léon - Résurrection **** (2005)
Tsushima Yûko - Au bord du fleuve de feu *** (2006)
Tsushima Yûko - Vous rêves nombreux, toi, la lumière ! *** (2005)
Valdéz Zoé - L'éternité de l'instant ** (juillet 2007) (article)
Veinstein Alain - Dancing *** (mars 07) (article)
Villa-Matas Enrique - Docteur Pasavento *** (mai 07)
Vollmann William T. - La famille royale *** (2005)
Volodine Antoine - Des anges mineurs **** (av 2005)
Volodine Antoine - Dondog **** (sep 2007) (article)
Volodine Antoine - Nos animaux préférés ***
(2006) (article)
Volodine Antoine - Nuit blanche en Balkhyrie *** (oct2007)
Volodine Antoine - Songes de Mevlido **** (sep 2007) (article)
Volodine Antoine - Vue sur l'ossuaire **
(2006)
Walser Robert - L'institut Benjamenta *** (janv. 07)
Walser Robert - Retour dans la neige ** (janv. 07)
Weil Patrick - La république et sa diversité *
(2006)
Werli Antonio - mort et vie d'armendo lip *** (oct. 2007)

Wolfe Tom - Moi, Charlotte Simmons *** (2006) (article)
Woolf Virginia - Entre les actes ** (2005)
Ziegler Jean - Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur résistent ** (2006)
Zweig Stefan - Correspondances ** (2005)
Zweig Stefan - Nietzsche ** (2005)


et pour rappel :

livres lus en 2007
 
par vy publié dans : lectures
ajouter un commentaire commentaires (3)   
Lundi 10 septembre 2007
Voilà, j'ai terminé O Révolutions. Dans mon article du 3 septembre, je commençais le livre et j'étais sous le coup d'une frénésie gesticulatoire, tournant et retournant l'objet-livre de plus en plus vite entre mes mains. Car je vous rappelle que ce livre de 360 pages contient deux histoires se lisant tête-bêche, l'histoire de Hailey et celle de Sam, adolescents américains, se rencontrant et partant sur les routes, deux mêmes histoires qui diffèrent l'une de l'autre par le point de vue du narrateur, Sam d'un côté, Hailey de l'autre. Immédiatement séduite par le rythme endiablé et le vocabulaire réinventant le monde (m'a fait penser à Joyce). J'ai vite laissé de côté les repères chronologiques qui se trouvent dans les marges des histoires.
 
Comment lire ce livre ? Toutes les neuf pages un nouveau chapitre commence, il serait donc judicieux de lire huit pages d'un côté, huit pages de l'autre et ainsi de suite. Dans l'emballement du début, voulant tout comparer, les phrases, les mots, les lettres, le rythme, l'humour, l'histoire, j'ai donc eu tendance à tourner continuellement le livre. Je me rends compte que je suivais le rythme, collant à l'enthousiasme de Sam et Hailey menés par l'amour, la liberté et leur jeunesse f(o)ugueuse. Le ton tonitruant jusque dans la taille des lettres au début entraîne aisément le lecteur. Puis, j'ai atteint une vitesse de croisière, lisant huit pages, tournant le livre, lisant huit pages + huit pour aller plus loin avec l'un, tournant le livre, lisant seize pages, tournant... seize pages - seize, c'est aussi l'âge de Sam et Hailey - etc... ceci jusqu'au milieu :    Oeil du cyclone, huit pages en miroir dont seules les huit lignes d'encadrement diffèrent.. Planant ! Les o d'ors de Hailey venant titiller les mots de Sam, les o verts de Sam chatouillant les mots de Hailey.
Mais ensuite, j'allais avoir quelque difficulté à reprendre le court de l'histoire qui m'intéressait moins, j'étais un peu blasée de la particularité du langage qui me semblait s'essoufler.
J'ai continué, bien sûr, je n'allais pas abandonner en cours de route, j'ai alors fait défiler les chapitres de Sam plus vite que ceux de Hailey (un pur hasard). Jusqu'à carrément abandonner la jeune fille sur le bas-côté sur le dernier tiers du livre.
Alors je suis arrivée à la fin. Cette fin qui monte vers les neiges éternelles. On se remet en place, l'attention est repiquée. On entre en poésie... un chant... J'ai donc sorti Hailey du fossé pour connaître la fin de l'autre histoire... Une envolée... Les mots s'éloignant, je les accompagnais jusqu'au silence.

Danielewski a voulu "créer une sorte de langage antimatérialiste, de manière essentiellement linguale." Je suis loin d'avoir autant apprécié que La maison des feuilles (ce livre était un petit chef-d'oeuvre), mais c'est un objet à découvrir...

O Révolutions - Mark Z. Danielewski (Denoël)

Une petit mot sur le traducteur, Claro, qui réussit là encore une belle performance (Danielewski : "Il est plus juste de dire que ce livre a été recréé par Claro plutôt que traduit par Claro" (Transfuge)). Claro que je vais maintenant retrouver sur la traduction de Central Europe, de W. T. Vollmann.

Un article intéressant sur O Révolutions, ici

Et une interview de M.Z. Danielewski dans Transfuge de ce mois.
par vy publié dans : lectures
ajouter un commentaire