De beaux passages sur le vin, le réveil des sens, la plénitude. Le narrateur s'apercevra que les livres n'ont plus l'importance qu'il leur donnait avant sa captivité, ayant perdu son "savoir-lire", il leur préfère dorénavant les arbres.
"Cette maison m'a-t-elle guéri ? Je pense qu'elle m'a simplement décontaminé, débarrassé de mauvais ferments tels que le ressentiment, la soif de vengeance, la passivité, le goût de la dévastation, sans parler de cet esprit de lassitude qui a envahi le siècle. Cette maison m'a défripé le cerveau."
Une lente reprise d'un rythme de vie. Un partage aussi, parce que le lecteur s'accapare un peu de l'atmosphère de ce havre de paix.
"J'aime ce métier [de vivre]. Malgré la violence et la vulgarité de ces « sombres temps », le principe vital est plus ardent que jamais. Le métier de vivre est pourtant pénible. On s'y éreinte. C'est souvent répétitif. Mais pour rien au monde je ne renoncerais au charme douloureux de ma condition d'homme."
Un livre que j'ai aimé, porteur d'échos, de résonnances positives, d'apaisement et de sagesse.
La maison du retour - Jean-Paul Kauffmann (Nil éditions)