Voici la liste de mes lectures en 2007 (mise à jour 11 12 07)
Décembre
- Bartleby et compagnie - Enrique Vila-Matas
Novembre
- Le livre des éloges - Alberto Manguel
- L'amitié - G. Agamben
- Le nom des singes - Antoine Volodine
- Chair Electrique - Claro
- Colère et temps : essai politico-psychologique - Peter Sloterdijk
- Un vrai roman : Mémoires - Philippe Sollers (Plon)
- Abrégé d'histoire de la littérature portative - Enrique Vila-Matas (C. Bourgois) (article)
- Mauvaise langue - Cécile Ladjali (seuil) Une passion pour les mots, une vocation de transmettre le langage, car les élèves méritent
l'excellence.
Octobre
- Tribulations d'un occidental désorienté et d'un japonais westernisé
- Bruno Etienne et Suzuki Masaaki (Entre Lacs) (deux mots
ici)
- mort et vie d'armendo lip - Antonio Werli
(miniatures - association minuscule)
- vers la grâce - Claro (miniatures - association minuscule)
- L'ascenseur - Alain Fleischer (le cherche midi) (deux mots ici)
- Nuit blanche en Balkhyrie - Antoine Volodine (Gallimard)
- Volodine post-exotique - Lionel Ruffel (Cecile Defaut)
- Eloge de la vache folle - Christophe Claro (Fleuve noir)
- Eloge du conflit - Miguel Benasayag et Angélique del Rey (La découverte) (deux mots
ici)
Septembre
- Dondog - Antoine Volodine (article)
- O Révolutions - Mark Z. Danielewski - L'auteur a voulu "créer une sorte de langage antimatérialiste, de
manière essentiellement linguale." Une road-story de deux adolescents américains, avec une contrainte pour l'auteur, celle du cercle. (lire l'article)
- Le nouvel amour - Philippe Forest - "Car, en amour, au fond, ce que l'on dit est toujours n'importe quoi et ne signifie jamais rien." (article)
- Songes de Mevlido - Antoine Volodine - Du très bon Volodine, pour ceux qui aime son univers post-exotique. Je me suis régalée (article)
Août
- Le faste des morts - Kenzaburô Ôé - Ces nouvelles mettent en scènes des
"jeunes gens confrontés à une situation extrême exprimée en termes métaphoriques ou réalistes, sexuels, psychologiques ou politiques." (article)
- Le voyage d'Eladio - Hubert Mingarelli - (article)
- Siddhartha - Herman Hesse - Très bon livre, toujours le même bonheur à lire Herman Hesse. (article)
- Les paupières - Yoko Ogawa - Etrangeté, tendresse, effroi même, écrites d'une plume légère et habile ces nouvelles
nous offrent un bon moment de lecture. (article)
- A la vitesse d'un baiser sur la peau - Gaston-Paul Effa. L'histoire
tourne autour de Valère, jeune étudiant africain. "L'auteur jette un regard acide sur notre société déchirée entre l'apologie du métissage et l'impossibilité d'un véritable dialogue entre les
cultures." Valère en fait les frais, mais également Hilda, tiraillée entre sa mère alsacienne conservatrice et son amant instable. L'histoire se dit par les voix même des protagonistes : Valère,
Hilda, le docteur Etienne (psy), Victor (cousin de Valère), Mme Bloch (mère d'Hilda) qui prennent tour à tour la parole. Plutôt bien vu.
Juillet
- L'éternité de l'instant
- Zoé Valdés (article)
- Hommes sans mère - Hubert Mingarelli - Deux marins, Homer et Olmann, descendus à terre prennent la route et partent à la recherche d'un bordel isolé dans les collines.
(article)
- La dernière neige - Hubert Mingarelli - Un père malade et un fils qui économise la moitié de ce qu'il gagne pour s'acheter un milan en cage. Une belle relation
père-fils, mais aussi un passage à l'acte qui troublera à jamais la conscience. (article)
- Quatre soldats - Hubert Mingarelli - Dialogues
de quatre soldats de l'Armée rouge - Il y a la beauté des scènes muettes, il y a ce gamin, enrôlé volontaire, dont la présence irradie les quatre hommes... (article)
- Une rivière verte et silencieuse - Hubert
Mingarelli - Un gamin vit pauvrement avec son père dans une petite maison dont on coupe l'électricité pour faute de paiement de facture. L'enfant rêve dans le tunnel qu'il s'est creusé dans
les hautes herbes. Dialogues avec le père. (article)
- La beauté des loutres - Hubert Mingarelli - Sur
la route, Horacio et Vito transportent des moutons, le voyage va les unir, les changer. (article)
- La théorie des cordes - José Carlos Somoza -
Une fiction à suspens, tendance gore, émaillé d'explications scientifiques. Palpitant et plutôt intéressant (lire l'article)
Juin
- Marcher sur la rivière - Hubert Mingarelli - "Je marchais comme un demeuré, quelqu'un qui aurait eu un problème dans la tête. Mais je n'avais pas
un problème dans la tête. J'avais seulement que ma jambe refusait de plier. Voilà tout ce qu'il y avait, ma parole." Ainsi parle Absalon, qu'on accompagne volontiers dans ce qu'il voit et pense.
(lire l'article)
- Germaine Tillion, une ethnologue dans le siècle - Christian Bromberger, Tzvetan Todorov - Dans ce début de XXIème siècle, déjà si plein de bruit et de fureur, la
figure de Germaine Tillion peut nous servir de repère... (lire l'article sur Germaine
Tillion)
Mai
- Le dépeupleur - Samuel Beckett - ... un cylindre peuplé d'être
captifs... (lire l'article)
- Docteur Pasavento - Enrique Vila-Matas -"Disparaître, tel était le grand défi. Je ne devais pas
oublier que j'avais toujours pensé qu'il faut essayer de devenir infiniment petit, sûrement la perfection même." (lire l'article)
- Tous les enfants sauf un - Philippe Forest - Que peuvent signifier dans notre monde aujourd'hui la
maladie et la mort d'un enfant. Et au-delà quelle place la société réserve-t-elle à la maladie et la mort. (lire l'article)
- Le Présent d'incertitude - Henri Bauchau - Le journal (2002 à 2005) qu'Henri Bauchau a écrit
pendant la rédaction de L'enfant bleu. Bonheur de retrouver l'auteur dans sa vie de tous les jours, l'intimité de l'écriture, les confidences... (lire l'article)
- Le Dieu des Petits Riens - Arhundati Roy - Beaucoup aimé. Roman très bien écrit, poétique, vivant, fouillant avec persévérance et acuité le passé pour expliquer le drame. L'expérience tragique de la vie autour de
deux jumeaux et de leur famille, suivant une chronologie chaotique, comme la vie. (lire
l'article)
Avril
- La nuit de l'oracle - Paul Auster -
En lisant La nuit de l'oracle, je me disais que le style Auster est quand même assez grandiose... (lire la suite)
- Tokyo - Mo Hayder - J'ai
pris un plaisir angoissant à me plonger dans l'atmosphère effrayante qui plane sur le livre, j'ai été captivée par l'histoire, les histoires, celle de Grey, personnage attachant, très perturbée
par un passé dont elle travaille à se libérer, et celle de la ville chinoise de Nankin. (lire
l'article)
- Le chat qui venait du ciel - Hiraide Takashi - "Voici un roman touché par la grâce, celle d'un chat "si petit et si frêle qu'on remarquait tout de suite ses
oreilles pointues et mobiles à l'extrême." [...] Tout le charme infini de ce livre tient dans la relation que le couple va tisser avec ce chat qui se fond dans la végétation exubérante pour
surgir inopinément..." lit-on en quatrième de couverture. Petit chat espiègle, mais libre avant tout, et respecté par ce couple qui va s'y attacher, le rechercher... Un roman au ton
parfois étrange de ce pays lointain qu'est le Japon.
- La maison du retour - Jean-Paul Kauffmann - Un livre que j'ai aimé, porteur
d'échos, de résonnances positives, d'apaisement et de sagesse. (lire ma note à ce sujet, avec quelques
citations)
Mars
- La mère du 1084 -
Mahasweta Devi - Une écriture dynamique, un livre qu'on ne quitte pas avant de l'avoir terminé... suite ici
- Carnet de nuit - Philippe Sollers. Un tout petit livre d'où les notes s'envolent comme des bulles... suite ici
- L'alphabet du feu - Petites études sur la langue
- Silvia Baron Supervielle (Arcades Gallimard) - Un essai au rythme doux, paisible, poétique, et sans aucun doute écrit avec amour (j'en dis un
peu plus dans l'article)
- Place des pensées : Sur Maurice Blanchot - Richard Millet (Gallimard). Je voulais le lire parce que je n'oublie mon
enthousiasme il y a quelques années à découvrir Blanchot, à vouloir le lire encore et encore. Voilà, j'ai lu ce petit essai sur le retrait de l'écrivain dont Millet classe les papiers deux ans
après sa mort... Que veille-t-on dans ce livre, en fait ? Est-il question de Blanchot ou de Millet ?
- L'odeur - Radhika Jha (Picquier Poche) - J'ai choisi ce livre
pour découvrir la littérature indienne, et je suis plutôt déçue. On le compare au Parfum, de Süskind, sur la quatrième de couverture, il en est très loin. Les descriptions olfactives sont plutôt limitées, tout comme l'est la personnalité de la
jeune Lîla, jeune fille très naïve qui ne semble devoir exister que par l'attrait qu'elle représente pour les hommes et qu'on a envie de secouer pour la faire réagir. Tout reste très superficiel.
(je n'en resterai toutefois pas là en ce qui concerne la littérature indienne).
- En famille - Marie Ndiaye (éditions de minuit). Un conte cruel, ou comment une jeune fille
devient invisible à sa famille ? Pourquoi ? Et surtout pourquoi Fanny s'entête-t-elle tellement à vouloir faire partie de cette horrible famille, allant jusqu'à se faire dévorer sans broncher ?
Nous avons beau trouver ce livre, les personnages, les évènements très étranges et parfois si irréels comme il sied tant à l'écriture de Marie Ndiaye, cette famille n'est-elle pas finalement très
commune ? (extrait)
: "Baissant les yeux, je distinguai sur la marche du
perron une longue forme inconnue [...] Qu'est-ce encore... murmurai-je en tâtant du bout de ma savate avec prudence. Je reconnus soudain les traits de Fanny, encore que d'une façon si vague, si
incertaine, que je je ne pus me résoudre à l'appeler ainsi."
- Dancing - Alain Veinstein (Seuil). Une sorte de voyage initiatique vers l'amour (voir l'article)
Février
- Papa doit manger - Marie
Ndiaye. Une petite pièce de théâtre qui en dit beaucoup : un homme revient pour vivre avec sa femme, ses filles, qu'il a jadis abandonnées. Il ment encore, il ne fait que mentir, toujours.
Le temps passera, l'homme toujours reviendra, toujours mentant, dénué amour. "Il n'est jamais ce qu'on a pensé qu'il était, ce qui fait, voyez-vous, qu'il n'est
jamais véritablement là." - (jouée au répertoire de la Comédie Française)
- Les jouets vivants - Jean-Yves Cendrey (ed. de l'Olivier). De la lettre au père à
"l'affaire" de pédophilie qu'il dénoncera, ce livre est un roman autobiographique. "C'est d'ailleurs lui, cet enfant battu qu'il a été, qui lui a inspiré d'aimer
vivre comme on aime plaisanter, et sans doute de se battre comme un perdu pour ceux qui ont pris sa place dans la ronde scabreuse." Cette phrase dit assez bien ce que sera le fil du
livre.
- Puzzle - Marie Ndiaye, Jean-Yves Cendrey. "théâtre d'ombres et de voix étranges." Une pièce de l'une, une pièce
de l'autre, une pièce de l'une et l'autre. J'aime l'écriture envoûtante de la première, ici encore. L'écriture crue et violente du second ne m'emballe pas. Je n'avais jamais lu J.-Y Cendrey. Que
pensent ses lecteurs, ceux qui n'ont jamais lu M. Ndiaye ? Peut-on être lecteur des deux ? (posté le 18 02 07) Toutefois, après avoir entendu parler le couple
Ndiaye/Cendrey à la radio, je pense tenter la lecture d'un livre de Jean-Yves Cendrey.
- Diane Arbus, une biographie - Patricia Bosworth - Une biographie dont on a du mal à se défaire, tant le personnage de Diane Arbus est fascinant. Il m'en restera sûrement quelque chose de ce portrait de femme
"psychologiquement fragile mais artistiquement solide", ouverte, qui partait à la découverte de la différence, de l'interdit. «C'était comme si elle voulait explorer, avec son corps et son
esprit, tous les cauchemars, tous les fantasmes enfouis dans son inconscient.» Née en 1923, Diane Arbus se suicidera en juillet 1971.
- Mon coeur à l'étroit - Marie Ndiaye -
Marie Ndiaye a un style très particulier, bien à elle, elle a ses lecteurs, j'en suis - Le livre ne se lache pas jusqu'à la dernière page, on veut savoir, on veut sortir du cauchemar, l'écriture de Marie Ndiaye ne nous laisse pas de répit, elle s'enroule
autour de son lecteur et l'entraîne telle une sirène dans les profondeurs de ces mondes si proches, si intérieurs, et pourtant si invisibles : nous-mêmes. (lire ma critique du
livre)
- Dans le Scriptorium - Paul Auster - Avec l'ami Auster, je navigue dans un univers familier, ce livre n'est guère épais mais il
pèse un bon poids, et lorsqu'on le referme, on se surprend à reprendre sa respiration avec bonheur. L'enfermement y est oppressant, mais c'est aussi jubilatoire. Et puis, on y retrouve Anna...
Toutefois, le reproche que je lui fais, c'est d'être trop court (pour en savoir plus sur le livre et sur Paul Auster, rendez-vous sur l'Austerblog)
- Le magasin des suicides -
Jean Teulé - Certes pas un grand livre, mais une bonne récréation. C'est plein d'humour et
d'amour aussi.
Janvier
- J'avais un ami - Rezvani. Un de ces petits livres qui font du bien, pour la sincérité, la tendresse, la chaleur qui
s'échappent de ses pages.
- Retour dans la neige - Robert Walser. M'a bien plu aussi, même si le thème du livre, les promenades descriptives, n'est pas de mes
préférés, l'écriture de Walser a sans contexte un certain talent, un certain charme.
- L'institut Benjamenta - Robert Walser, j'ai décidé de lire l'oeuvre de R. Walser. Ce premier livre m'encourage à poursuivre. Je
regrette de n'avoir pas vu le film des frères Quay, inspiré du livre.
- Un temps de saison - Marie Ndiaye. Je ne résiste pas à l'écriture troublante de Marie Ndiaye qui me met en état d'apesanteur. Un
bon moment.