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Dimanche 30 juillet 2006
"Nous écrivons des histoires de mouches et d'araignées..." (L.S.)

Je connaissais l'écriture fragmentaire de Pascal Quignard (ô combien elle m'est précieuse !). C'est un peu en espérant retrouver la richesse du contenu des livres de Quignard que j'ai eu la curiosité de me pencher sur Le murmure du monde, de cet auteur jusque là inconnu pour moi, Lambert Schlechter. A vrai dire, tous les fragments de ce livre ne me sont pas d'un intérêt profond, j'ai même parfois été tentée de laisser le livre de côté dans la première moitié, mais c'eut été dommage, car j'y ai trouvé de bien bonnes choses. Bien sûr, Quignard n'est pas ignoré dans ce petit livre de 109 pages, et même je me suis reconnue dans ce qui y est dit : "je lis dans Vie secrète, après une interruption de trente mois, livre impossible illisible fascinant, j'en suis à la page 402, Quignard m'excite & me désespère, m'énerve & m'ensorcelle, il me fait du bien, m'empêche de m'assoupir et de devenir bête," "...il me fait du bien", c'est exactement ça, je me sens bien en sa compagnie (je n'aime toutefois pas ses romans). ... mais revenons à ce murmure du monde... pas de point de fin de phrase dans la ponctuation, les fragments sont placés entre virgules, et s'ils se suffisent à eux-mêmes tout au long du livre (même si des noms reviennent souvent), sur la fin, il y a comme une accélération du rythme, un enchaînement, une libération du souffle (?), ou simplement le bout d'un tunnel entrevu, le dernier mot d'un fragment devient le premier mot du fragment suivant.

J'en ai peut-être tiré une nouvelle envie de lecture, de Miklós Szentkuthy, Le Calendrier de l'humilité. Je ne connais pas du tout, mais en faisant une petite recherche sur le net, j'ai trouvé quelques renseignements sur le site des éditions José Corti : "Le Calendrier de l’humilité est fait d’une suite de réflexions qui pourraient constituer les notes d’un Journal que l’on ouvre au gré de ses curiosités (la table des matières est à elle seule un régal). En marge des abondantes observations sur ses contemporains, Szentkuthy lisait et annotait une somme considérable d’ouvrages sur des sujets aussi divers que l’histoire, la philosophie, la psychologie, ainsi que des romans et des recueils poétiques, notamment anglais, allemands et hongrois. Rilke, Mozart, Shakespeare sont ainsi passés au crible d’une analyse qui mêle botanique et stylistique, théologie et photographie." (si une bonne âme de passage sur ce blog a lu le livre, qu'elle n'hésite pas à me donner son avis).

Me plaisent les livres qui m'amènent plus loin qu'eux-mêmes, faire des recherches, ne serait-ce que d'images, l'auteur parle d'un tableau, évidement la curiosité est aussitôt exacerbée, alors pourquoi se priver de mettre l'image sur le nom. Ainsi en est-il de La Madone de Cambrai, ou Le pêcheur, de Ma Yuan (cité à plusieurs reprise), ou encore de cette fenêtre, de Shitao (y a-t-il une peinture, je n'ai trouvé qu'un dessin ?) "la peinture du Shitao me rassure, la beauté du monde, l'absurde muette inutile beauté du monde - et la microscopique évanescence de l'homme,".



Le murmure du monde ** - Lambert Schlechter (ed. Le Castor Astral)
par vy publié dans : lectures
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