Lectures en tout genre

Publié le par vy

Un mot sur L'ascenseur, ce petit livre de plusieurs textes d'Alain Fleischer qui est une mise en patience pour les lecteurs d'Immersion, "un livre entre deux" en attendant le suivant, un maillon perdu dans le temps. Les parois de l'ascenseur comme celles d'une parenthèse ne s'ouvrent plus, gardent à jamais confiné ce qu'elles enferment, comme un tableau figé.
(J'ouvre moi-même une parenthèse, je trouve ce livre guère agréable dans sa mise en page, grosse écriture, large interligne (obligation de faire 100 pages ? pourquoi ?). Fermons la parenthèse.
Dans La stratégie de l'archipel, texte qui précède celui de L'ascenseur, l'auteur fait une différence intéressante entre les livres qui résistent au lecteur et le mettent en état de perdition, face à ceux, trop nombreux, qui se donnent et font du lecteur un vainqueur sans péril et sans gloire.
 
Je viens de terminer Le retour du voyage en orient - Tribulations d'un occidental désorienté et d'un japonais westernisé.
Il s'agit d'un court essai dans lequel un français, Bruno Etienne, anthropologue des religions et un japonais Suzuki Masaaki, professeur à l'Institut d'études Politiques d'Aix en Provence, dialoguent sur la difficulté d'une relation entre deux êtres humains n'appartenant pas à la même culture.
Sont abordés les sujets concernant la parole, le langage, l'ordre et le désordre, le contrôle de soi, l'esprit d'opposition.
Une ébauche pour appréhender l'"autre" dans sa différence, et percevoir l'écho de sa propre différence en l'autre.
 
L'autre en toutes ses formes tient aussi une place essentielle dans le livre de Miguel Benasayag et Angélique del Rey, Eloge du conflit, puisqu'y est décrit comment la société formate les individus, les rend conformes à l'unité disciplinaire de la norme, en entretenant la peur de l'autre (et de soi pour peu que l'image ne corresponde plus à ce qu'elle devrait être), en déniant les multiplicités de l'être. "Le conflit correspond au processus d'autodéploiement de l'être lui-même, il n'est jamais pure destruction, mais toujours, aussi, construction de dimensions d'être."
 
Central Europe, de Vollmann, est toujours en cours de lecture. J'irais plus vite s'il n'était pas si lourd.
En lecture aussi Abrégé d'histoire de la littérature portative, d'Enrique Vila-Matas.
Et tout frais entrés dans mes réserves La hache et le violon, d'Alain Fleischer, Andreï Tarkovski - L'art et la pensée, de Luca Governatori, Le nom des singes, d'Antoine Volodine, L'homme qui apprenait lentement, de Thomas Pynchon.
Ainsi que deux dvd, j'ai finalement craqué pour Le miroir, de Tarkovski, également acheté Gerry, de Gus van Sant.
 
   
Côté exposition, j'ai vu et retournerai voir celle de l'atelier d'Alberto Giacometti. Belle collection qui montre le parcours de l'artiste à travers quelques peintures mêlées à de nombreuses sculptures. Des corps morcelés comme ouverts, révélés. J'affectionne en particulier, cette sculpture bronze de quatre figures féminines longues et décharnées. Lorsque je fus face à elles, j'ai reçu comme un coup de foudre, elles sont vivantes, murmurantes et hurlantes à la fois. Elles ont à dire. Je serais bien repartie avec.

C'est au Centre Pompidou, jusqu'au 11 février 2008
Une émission Peinture fraîche à écouter pendant quelques semaines











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miss Trop 29/10/2007 19:45

et bien voilà probablement une piste pour mon week end prochain à Paris, l'expo Giacometti !

vy 29/10/2007 20:00

Une bonne idée.  Mais alors profites-en pour visiter les autres expo du musée (Kiarostami et la nouvelle présentation des collections d'art moderne), le billet d'entrée (quand même assez cher, 10 euros) donne accès à toutes les salles, autant en profiter. A moins que tu y sois le 1er dimanche du mois, c'est alors gratuit.