Ce matin, je lisais le scénario de Stalker, de Tarkovski. Hier, j'ai regardé quelques scènes du film. Le chien
n'apparaît pas dans le scénario. J'ai cherché partout mon livre de Kenzaburo Oé, Une existence tranquille. Je voulais relire les passages sur Stalker. C'est ce
livre avec ses questions sur le chien, sur les hommes qui m'avait donné envie de voir le film. Il était passé à la télé quelques années plus tard, j'avais, comment dire, été absolument happée
(dialogues, décors, ambiance), un bijou. Sans hésitation, je m'étais acheté le dvd. ... Je n'ai pas retrouvé mon livre de Oé. En le cherchant je suis tombée sur un autre livre, encore de
Tarkovski, sur le rayon où je range quelques livres de photos, Lumière instantanée. A chaque page une photo prise par le cinéaste avec un Polaroïd, des images où flottent poésie,
onirisme et temps dérobé, mélancolie. Des photos de Russie, de sa femme, de son fils, son chien (pas celui du film), des paysages, et des photos d'Italie qui pourraient être encore des
photos de Russie sauf que la femme et le fils sont absents, manquants ou presque "Elle me manque tant [...] c'est la seule femme que j'aime réellement et je ne pourrais jamais en aimer une
autre", si ressemblantes aux précédentes dans l'atmosphère mélancolique qui en émane. Lisant ce livre je me disais que j'aimerais voir les autres films de Tarkovski, Le miroir, Le sacrifice,
Nostalghia... lire aussi son journal, peut-être. Mais aussi relire les mots que Oé prête au personnage de la jeune Mâ, étudiante en littérature française, lorsqu'elle réfléchit sur Stalker, la
présence du chien, quoi d'autre, mais quoi d'autre, si je ne retrouve pas mon livre, il me faudra le racheter (?). Et dans l'impuissance de pouvoir nourrir mon désir tant que je n'aurai retrouvé
ce livre, je pensais aux ramifications, aux liaisons. Oé me fait découvrir Tarkovski, un jour je vois Stalker, c'est une révélation. J'ai
continué à lire Oé, j'ai lu Forest pour mieux lire Oé, ou parce que j'aime lire Forest dans ses essais. J'ai voulu mieux connaître le Japon, et les livres
se sont accumulés... Si je faisais un tableau, ça partirait un peu comme ça... et ça ne finirait jamais.
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