Nothing - Vincenzo Natali

Publié le par vy

cinenothing-copie-1.jpgIl avait réalisé Cube, et j'avais adoré ce huis clos terrifiant où on assistait à la progression de pièce en pièce, dont certaines étaient horriblement piégées, d'un groupe de personnes plongées dans un non-sens cubique insupportable et dont le nombre se réduisait implacablement jusqu'à la fin. J'avais beaucoup aimé la dernière image (lumière tendant vers le blanc) qui ne débouchait que sur l'imagination du spectateur.
Nothing n'a rien de terrifiant et tout y est vrai.
On y rit, et on y suit Dave et Andrew avec un bonheur certain, et même jusqu'au fou rire, de ceux dont on a du mal à se débarrasser. Fou le film, les personnages, le monde, le tofu. Tout fou, oui oui. Sur l'écran blanc, presque que blanc que les deux hommes (quels cochons !) vont s'empresser de tacher, salir, souiller. Bref, ils s'éparpillent, ce monde leur appartient. Car au début on y voit que du blanc et une maison debout et perdue dans un espace indéterminé, il n'y a rien et tout tend vers le rien.
Mais commençons par le (vrai) commencement : Dave et Andrew, deux amis d'enfance, que le monde fait fuir le monde, vivent dans une maison coincée entre deux bretelles d'autoroute. Accusés tous trois (les deux comparses et la maison) pour des délits qu'ils n'ont pas commis par un monde agressif et cruel qui se rue sur eux et s'apprêtent à les dépecer, écraser et peut-être pire, ils s'enferment, paniquent, hurlent, quand soudain... plus rien. Le silence. C'est franchement un moment très agréable du film ce trou dans le vacarme. Plus rien ne bouge, et dehors il y a ce blanc d'où seule émerge la maison. Dave et Andrew vont vite découvrir qu'ils ont un certain pouvoir sur les choses. Peut-être sont-ils des dieux ? En tout cas, où sont-ils ? L'enfer deviendra-t-il l'autre ?
On y est : dans un décor réduit au minimum, deux hommes, une maison et une tortue. Et le néant. Les acteurs habitent parfaitement l'espace à travers diverses émotions et évolutions psychologiques, ils deviennent ce qu'ils sont et restent ce qu'ils sont. C'est vraiment réjouissant, loufoque, complètement déjanté, le film va très vite. C'est aussi une belle histoire d'amitié.
A noter que les deux acteurs David Hewlett et Andrew Miller étaient déjà présents dans Cube, et sont également co-scénaristes du film avec Vincenzo Natali et Andrew Lowery.
 
Un film peu banal dont on sort de bonne humeur avec l'impression d'avoir vu un film différent. Il est sans doute regrettable qu'il passe dans si peu de salles en France (une dizaine).
 
Le site officiel est très réussi.

Nothing *** - film canadien de Vincenzo Natali, avec
David Hewlett, Andrew Miller... 

Publié dans cinéma

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