Marcher sur la rivière - Hubert Mingarelli

Publié le par vy

Quatrième de couverture : "Je ne vais pas mentir à propos de ma jambe. Je n'ai pas envie de me faire plaindre en disant qu'elle me faisait mal. Parce que, aussi loin que je me rappelais, ma jambe ne m'avait jamais fait mal. Elle ne m'empêchait pas non plus de marcher aussi vite que n'importe qui. Peut-être même que je marchais plus vite que la moyenne des gens. [...] C'était pour être le moins longtemps possible ridicule à marcher de la sorte, en me déhanchant à cause de ma jambe droite qui était raide depuis toujours. [...] Je marchais comme un demeuré, quelqu'un qui aurait eu un problème dans la tête. Mais je n'avais pas un problème dans la tête. J'avais seulement que ma jambe refusait de plier. Voilà tout ce qu'il y avait, ma parole."
 
Des phrases courtes, un langage simple comme le regard d'Absalon dans l'univers aride qui retient cette histoire. Et cet Absalon qui nous devient de plus en plus attachant au fil des pages. Absalon veut partir, partir pour soigner sa jambe, partir loin, à Port Elizabeth, seul nom repère géographique de l'histoire. Absalon ne lésine pas sur l'effort pour se payer une place dans le bus. Dans sa vie, il y a Rosanna, une fille un peu bizarre avec des sautes d'humeur, le père  d'Absalon qui n'a pas l'air de l'entendre et qui passe son temps à applatir des boites de conserves vides pour en faire des tuiles pour son toit, Emmeth, son ami qui le reçoit toujours avec plaisir et vend de l'essence, le pasteur qui veut se faire pardonner, et sa femme, madame Lithébé, bien gentille et qui sent bon, l'épicier, un lapin, le préposé au guichet de la station de bus, et puis Georges Msimangu, le fou de la colline qui creuse un trou dans le désert près du lit de la rivière et fait travailler Absalon. Tout ce monde semble un peu immobile, suspendu au temps, à la sécheresse, au vent qui change, au ciel qui attend, seul marche Absalon et roulent les voitures. Car Absalon, même s'il n'aime pas qu'on le regarde marcher, même si sa jambe ne lui fait pas mal mais se raidit tellement qu'elle devient un fardeau encombrant, Absalon marche beaucoup. Et pendant que nous courons après Absalon parce qu'il est difficile à suivre, ses paroles nous tiennent compagnie, elles nous sont rassurantes, l'homme est tellement présent.

Marcher sur la rivière - Hubert Mingarelli (Seuil)

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BMR 07/09/2007 22:12

ah, ça fait plusieurs fois qu'on tourne autour dans les librairies, qu'on prend le bouquin, lit 3 pages, la 4° de couverture et le repose ... avec de tels commentaires, va falloir passer à l'acte !

malaurie 05/09/2007 09:29

Je partage votre enthousiasme sur cet auteur et vous me tentez bien avec ce dernier livre que je n'ai pas encore lu...

sylvie 04/09/2007 15:26

J'ai été touchée aussi par ce personnage plein d'amour et de bonté, qui marche malgré sa jambe raide et espère un jour récolter assez d'argent pour partir à la grande ville et enfin la soigner. Il rêve d'une vie meilleure, d'une jambe souple, de voir l'océan, qui le guérira, il en est sûr, d'une nuit passée au fond d'un bus qui sera le voyage qui changera sa vie. C'est un beau texte, simple, plein de poésie, d'une puissance absolue parce qu'absalon, dans son désert et sa misère va à l'essentiel. j'ai été émue par sa force, sa simplicité, et au final la grande beauté de son récit.

vy 04/09/2007 21:20

Oui, j'aime beaucoup Mingarelli,  c'est avec ce dernier livre que je l'ai découvert et depuis j'ai lu tous ces livres que j'ai trouvés. J'espère qu'il ne nous fera pas attendre trop longtemps la sortie de son prochain livre.

Nina 29/07/2007 16:57

Je ne connais pas cet ecrivain et il va falloir que  je lise un des romans que tu proposes.